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Effondrement des sous-sols : 20% de Paris est à risque

Effondrement des sous-sols : 20% de Paris est à risque
Article de Justinien Tribillon
dans The Guardian
(vendredi 3 mars 2017)

Courrier International - Emploi, comment font nos voisins ?
Repris en français par Courrier International N° 1374 sous le titre Plongée dans les sous-sols endormis de Paris
(du 2 au 8 mars 2017)

Publié ici de manière très partielle
(mardi 14 mars 2017)
Créé par décret royal en 1777, le service [de l’Inspection générale des carrières (IGC)] a pour mission de cartographier et d’entretenir les 32 kilomètres carrés de carrières – soit dix fois la taille de Central Park – qui constituent le sous-sol de la capitale.

Si les effondrements, comme celui qui s’est récemment produit au Japon en plein milieu d’une route, ne sont pas toujours liés à l’existence de carrières, le sous-sol parisien rend la Ville lumière particulièrement vulnérable à ce genre d’accidents. La dernière catastrophe remonte à 1961, lorsque 22 personnes ont péri dans l’effondrement d’un quartier pavillonnaire en banlieue parisienne. Ce qui n’empêche pas l’IGC d’être amenée à intervenir plus de 70 fois par an en raison d’affaissements de routes ou de maisons.

(...)

C’est en 1774 que se produit le premier incident quand 300 mètres d’une artère parisienne disparaissent d’un seul coup vingt mètres sous terre. L’effondrement ne fait aucune victime, mais pousse à la création de l’Inspection générale des carrières. Deux siècles plus tard, l’IGC possède des cartes incroyablement détaillées du sous-sol parisien, et pourtant, les découvertes sont encore régulièrement de la partie.

(...)

La galerie récemment découverte ne représente en réalité qu’un tronçon de la carrière dite de la Brasserie. Abandonnée depuis les années 1860, cette carrière de quatre hectares est la mieux conservée de Paris, m’explique mon guide. Dans certaines salles, les murs s’élèvent jusqu’à six mètres de hauteur. Cela fait vingt ans que l’on parle d’ouvrir cette carrière au public et celle-ci devrait figurer parmi les sites sélectionnés dans le prochain appel à projets de la mairie pour “Réinventer Paris”.

(...)

L’accès à la nouvelle galerie a été verrouillé. Très abîmé et menaçant la stabilité des bâtiments administratifs situés en surface, ce tronçon doit d’abord être renforcé par l’injection de plusieurs milliers de mètres cubes de béton.

Alors que nombreux reprochent à l’IGC de ne pas faire suffisamment d’efforts pour préserver l’héritage souterrain de la capitale, Julien Alaterre [le chef de l’IGC] répond que ces injections de béton constituent souvent la méthode la moins chère et la plus efficace pour limiter les dégâts, sous terre comme en surface.

Au-delà des interventions d’urgence, l’IGC est surtout là pour prévenir les risques et informer les Parisiens. La loi française est claire : propriétaire d’une maison, vous êtes aussi propriétaire du terrain et du sous-sol qui l’accompagnent. Si une maison commence à s’enfoncer, c’est au propriétaire de régler la facture, et non à la mairie. Sachant que 20 % de la superficie de la ville est concernée par ce risque, pensez à vous renseigner auprès de l’IGC avant de signer le contrat de vente de votre nouveau logis.

(...)

La restauration des carrières abandonnées nécessiterait d’importants investissements, tant publics que privés. Si leur exploitation est interdite pour des raisons de sécurité depuis le XIXe siècle, leur utilisation comme lieu de stockage ou comme champignonnières n’a cessé que pour des raisons économiques.

Paris est l’une des villes les plus denses du monde et est confrontée à des défis d’urbanisme aussi changeants qu’incessants. Après avoir étanché la soif macabre des visiteurs du royaume des morts, les carrières souterraines de Paris sont peut-être à l’aube de leur renaissance.

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