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Une vraie autonomie régionale est possible, mais pour 8 régions seulement

dimanche 20 juillet 2014 à 15:43
Par Guilain Omont

Suite aux débats sur la réforme des régions, je me suis amusé à découper la France continentale (France hors outre-mer et hors Corse) en régions, de façon la plus pertinente possible. Pour cela, je me suis basé sur la notion d’aires urbaines.

Cerise sur le gâteau : au cours de ce projet, je suis tombé, un peu par hasard, sur une application pratique pour les réseaux de mandataires !

Carte de France découpée en 8 régions

Mon parti pris, c’est que, sans une aire urbaine d’au moins un million d’habitant, une région est hyper-dépendante, et ne peut pas avoir un fort degré d’autonomie. Pas la peine, par exemple, de tenter de créer une région autour de Limoges ou de Bourges…

Je construis donc 8 régions autour des 8 aires urbaines assez grandes, que j’appelle “capitales régionales” :

  • Paris
  • Lyon
  • Marseille
  • Toulouse
  • Lille
  • Bordeaux
  • Nantes
  • Strasbourg

Nice vient avant Nantes, mais je ne l’ai pas sélectionné car Nice est proche de Marseille. Nantes et Strasbourg n’atteignent pas la barre des 1 million (respectivement 873 000 et 761 000), mais Nantes est proche de Rennes, et Strasbourg est proche de Nancy, Metz ainsi que de grosses villes allemandes. Je considère que cela compense.

Ensuite, je prends la liste des 50 premières aires urbaines (minimum 200 000 habitants). Pour chacune, je regarde si elle est assez éloignée des autres aires déjà prises en compte (cf. détails à la fin de l’article). Si c’est le cas, je la rattache à une capitale régionale, et je l’appelle “agglomération satellite”. Je trouve 20 agglomérations satellites.

Il ne reste plus qu’à rattacher les départements aux régions en fonction de leur proximité avec les capitales régionales et les agglomérations satellites. Le résultat est visible sur la carte ci-contre.

Les régions se répartissent les départements du centre. Par chance, chacun de ces départements est à proximité d’une agglomération satellite :

  • La Creuse (Guéret) : Bordeaux - Limoges
  • L’Indre (Châteauroux) : Nantes - Poitiers
  • Le Cher (Bourges) : Paris - Orléans
  • L’allier (Moulins) : Lyon - Clermont-Ferrand

Cela donne une forme un peu étrange à la région de Nantes et à la région de Bordeaux, mais la proximité des agglomérations satellites rend l’ensemble cohérent, et évite d’avoir une région faible au centre de la France.

Avec cette méthode, les régions sont inégales (la région de Paris regroupe 5 fois plus d’habitants que celle de Toulouse), mais aucune région n’est faible. La région de Toulouse attire de plus en plus de personnes, et la région de Lille est proche de grandes villes belges et anglaises. De plus, lorsque l’on divise le nombre d’habitants avec le nombre d’agglomérations prises en compte (capital + satellites), on arrive toujours à environ 2 millions d’habitants. Paris est l’exception car il faut compter 12 millions d’habitants rien que pour l’île-de-France.

Bien sûr, il y a d’autres enjeux dans le redécoupage des régions, et je me doute bien que cette proposition ne fera pas l’unanimité. Il y a notamment des personnes qui sont attachées à leur région, et qui ne veulent pas qu’elle soit divisée. Or, ma méthodologie saucissonne la plupart des régions actuelles ! Cf. la carte à la fin de l’article. Vos critiques et vos remarques sont d’ailleurs les bienvenus...

 

Carte de France découpée en 8 zones

Ceci dit, ce travail m’a donné une idée ! En faisant abstraction de la notion de département, j’ai construit les zones d’influences de ces capitales régionales et agglomérations satellites (en considérant qu’une capitale régionale avait 2 fois plus de poids qu’une agglomération satellite) :

Cette carte peut avoir une utilité pratique pour organiser des rencontres dans n’importe quel réseau national (par exemple la formation en présentiel, ou la création de communautés de pratiques en présentiel) :

  • Au début, le plus simple et que toutes les personnes du réseau se rencontrent à Paris (voire à Lyon).
  • Lorsqu’il y a davantage de personnes dans le réseaux, des rencontres régionales peuvent être mises en place dans les 8 capitales régionales
  • Lorsqu’il y a davantage de personnes dans la région, des rencontres plus locales peuvent avoir lieu dans les agglomérations satellites.

Cette carte est faite à la main, mais ce n’est pas la précision qui compte, car si une personne est à la frontière entre deux zones, le mieux est sûrement qu’elle puisse choisir sa zone (pour des raisons personnelles, elle a peut-être des connexions spéciales avec l’une des zones). L’important est que cela donne une façon d’organiser géographiquement les rencontres au sein d’un réseau !

 

 

 

Source : Classement des aires urbaines françaises sur Wikipedia

 

Annexes :

Liste des aires urbaines et assignations (CR pour capitale régionale et AS pour agglomération satellite) :

1 : Paris => CR
2 : Lyon => CR
3 : Marseille => CR
4 : Toulouse => CR
5 : Lille => CR
6 : Bordeaux => CR
7 : Nice => AS#1 Marseille
8 : Nantes => CR
9 : Strasbourg => CR
10 : Rennes => AS#1 Nantes
11 : Grenoble => AS#1 Lyon
12 : Rouen => AS#1 Paris
13 : Toulon => proche de Marseille
14 : Montpellier => AS#2 Marseille
15 : Douai - Lens => proche de Lille
16 : Avignon => proche Marseille
17 : Saint-Étienne => proche Lyon
18 : Tours => proche Paris
19 : Clermont-Ferrand => AS#2 Lyon
20 : Nancy => AS#1 Strasbourg
21 : Orléans => AS#2 Paris
22 : Caen => AS#3 Paris
23 : Angers => proche Nantes
24 : Metz => proche Nancy
25 : Dijon => AS#2 Strasbourg
26 : Valenciennes => proche Lille
27 : Béthune => proche Lille
28 : Le Mans => AS#4 Paris
29 : Reims => AS#5 Paris
30 : Brest => AS#2 Nantes
31 : Perpignan => AS#1 Toulouse
32 : Amiens => AS#1 Lille
33 : Le Havre => proche Rouen
34 : Limoges => AS#1 Bordeaux
35 : Mulhouse => proche Strasbourg
36 : Bayonne => AS#2 Bordeaux
37 : Annemasse => AS#3 Lyon
38 : Dunkerque => proche Lille
39 : Poitiers => AS#3 Nantes
40 : Nîmes => proche Montpellier
41 : Besançon => proche Dijon
42 : Pau => proche Bayonne
43 : Annecy => proche Annemasse
44 : Chambéry => proche Grenoble
45 : Lorient => proche Nantes
46 : Saint-Nazaire => proche Nantes
47 : La Rochelle => proche Nantes (seul cas où j’hésite)
48 : Troyes => AS#5 Paris
49 : Angoulême => proche Bordeaux
50 : Valence => proche Lyon

Carte de comparaison avec les régions actuelles :

Carte de France découpée en 8 nouvelles régions, avec visibilité des anciennes régions

Commentaires

Guilain Omont - mardi 22 juillet 2014 à 21:23 :
On me signale un article de Slate que je n'avais pas vu, et où l'auteur arrive aux mêmes conclusions, à partir d'une méthodologie plus poussée (mais pas vraiment explicite). Voici les quelques différences :
- il ne tronçonne pas les régions (quitte à perdre en cohérence d'ensemble)
- il ne fusionne pas Strasbourg et l'Est (pourquoi ??)
- il mets Dijon dans la région de Paris (c'est une option envisageable même avec la méthodologie que j'utilise ici...)

www.slate.fr/story/85829/redecoupage-dix-regions
Guilhem - jeudi 31 juillet 2014 à 22:51 :
Votre article très subjectif. Il vous manque de nombreuses données géographiques. Une réflexion sur les régions ne peut pas se résumer à une simple affaire d'aires d'influences. C'est d'ailleurs ce que l'on peut également reprocher à l'actuelle réforme territoriale, uniquement fondée sur la capacité d'attraction supposée des grandes métropoles, comme si des territoires situés dans le sillage d'une métropole devait en récolter les fruits. La réalité est beaucoup plus complexe et dépend en grande partie de l'action politique (locale et nationale), de la démographie (ex: présence forte ou non de la tranche d'âge des 25-40 ans au sein d'une région), du poids de chaque catégorie socio-professionnelle dans un territoire, du solde migratoire, des phénomènes de mode (ex: héliotropisme),...
Cordialement
Guilain Omont - vendredi 1 août 2014 à 00:54 :
Merci pour votre commentaire. Je suis d'accord avec vous, la réalité est sans doute beaucoup plus complexe. Parmi les facteurs de complexité, vous citez en premier l'action politique (locale et nationale). Pouvez-vous me donner des exemples ?

Etes-vous allé voir l'article de Slate, et si oui, pensez vous que l'auteur prend en compte la complexité de manière satisfaisante ?

Cordialement
Atchoum - dimanche 28 septembre 2014 à 12:02 :
le Jura aurait de meilleures chances de développement économique s'il était rattaché à la région de Lyon
Guilain Omont - dimanche 28 septembre 2014 à 16:11 :
Bonjour Atchoum, oui je suis d'accord, le sud du Jura aurait davantage sa place dans la région de Lyon (d'autant plus qu'il est proche d'Annemasse/Genève)... Mais le nord du Jura est tellement proche de Dijon que je n'ai pas choisi d'inclure le Jura dans la région de Lyon. Une solution serait de couper le département en deux (c'est le département pour lequel c'est le plus tentant !)

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