Le nombre total de mandataires stagne depuis plusieurs trimestres

vendredi 30 juin 2023 à 15:32
Par Guilain Omont

Résumé : Le nombre de mandataires augmentait de façon exponentielle jusqu'en 2021. Mais depuis, la tendance est nettement différente. Voici un diagramme détaillé et une analyse des causes de cette bascule.

Depuis 2 ans, le nombre de mandataires ne croît plus de façon exponentielle. Le point d’inflexion est très net, il correspond à la mi-2021, on le voit bien sur ce diagramme qui indique le nombre de mandataires total (tous réseaux confondus), de 2014 à 2023 :

Jusqu’à 2021, le caractère exponentiel de la courbe est bien visible : +2 500 mandataires/an de 2014 à 2017, +5 500 mandataires/an de 2017 à 2019, +8 500 mandataires/an de 2019 à 2021. Début 2021, en extrapolant la courbe, on pouvait vite arriver à des projections particulièrement impressionnantes pour les années à venir. C’est d’ailleurs début 2021 qu’iad à réussi sa levée de fonds avec une valorisation supérieure à 1 milliard d’euros !

Depuis mi-2021, la dynamique n’est plus la même : non seulement le nombre de mandataires ne croît plus de façon exponentielle, mais il y a décélération. +2 000 mandataires sur les 12 derniers mois, alors qu’il y avait +4 000 mandataires sur les 12 mois d’avant.

Si l’on prend les 2 derniers trimestres, il y a quasi stagnation, ce qui n’était encore jamais arrivé dans l’histoire des réseaux de mandataires.

Comment expliquer cela ? Il y a bien sûr la conjoncture : le nombre total de transactions immobilières (qui décroît depuis mi-2021), les taux d’intérêts (qui augmentent depuis début 2022), l’inflation, etc.

Mais je pense que la conjoncture n’explique pas tout. À mon avis, aujourd’hui, il y a peu de personnes qui n’ont pas encore entendu parler de la possibilité de travailler dans l’immobilier en tant qu’indépendant. Si cela est vrai, cela pourrait aussi largement expliquer la décélération du nombre de mandataires. Pour être plus concret : il y a 10 ans, si vous proposiez à 20 de vos amis de devenir mandataire, cette proposition était nouvelle pour la quasi totalité d’entre eux (disons pour 19 d’entre eux). Aujourd’hui, j’imagine qu’une grande partie d’entre eux a déjà reçu ce type de proposition avant, via un ou plusieurs autres amis (peut-être la moitié ?). Et parmi ceux qui restent, la majorité a déjà entendu parler de cette possibilité via les médias. Je me trompe peut-être, mais j’ai l’intuition que ce facteur est essentiel. Autrement dit : “Il y a un tarissement significatif du vivier de personnes susceptibles de devenir mandataires mais qui n’ont pas encore entendu parler de cette possibilité”.

Qu’en pensez-vous ? Pour les personnes qui recrutent depuis plusieurs années, sentez-vous une différence à ce niveau-là ? Si oui, qu’est-ce que ça a changé dans votre façon de recruter ? Si non, avez-vous d’autres hypothèses pour expliquer la décélération ?

Commentaires

Dominique - samedi 1 juillet 2023 à 06:50 :

Merci, une nouvelle fois pour cette analyse. Effectivement je suis assez d'accord, le tassement ne s'arrête d'ailleurs pas uniquement à ceux du recrutement. Le nombre de formations « miracles » proposées par de pseudos formateurs est également en chute libre. Comme dirait l'autre « ça eut payé ;) ». Alors puisque le proverbe dit « A quelque chose malheur est bon », on peut se demander si ce tassement ne sera pas salutaire. Il se pourrait que l'objectif ne soit plus de recruter à tour de bras en faisant des cadeaux et en promettant monts et merveilles à des candidats parfois trop crédules, il va désormais falloir tenir ses promesses, être réellement meilleur que ses concurrents et savoir choyer ses recrues pour les garder et véritablement les accompagner à réaliser leur chiffre d'affaires. Bref fini les batailles de chaises musicales, fini les CA exponentiels incluant le montant des packs les réseaux vont devoir se concentrer sur le coeur de notre métier : L'immobilier.

Rémy NERRIERE - lundi 3 juillet 2023 à 12:25 :

Il y a bien évidement plusieurs causes à ce "tassement". J'en relèverai une : il faudrait croiser cette courbe sur le nombre de nouvelles personnes habilitées dans les agences "physiques" qui emploient également de nombreux indépendants aujourd'hui (la part des salariés a énormément baissé). Les agences classiques se comportent ainsi comme un réseaux de mandataires, mais en apportant une certaine proximité et sécurité à l'agent. Est ce que ces deux courbes se croisent ou suivent-elles le même chemin ? L'autre explication pourrait être tout simplement que l'on est arrivé au sommet de la courbe, qu'à force de vouloir multiplier le "gâteau", les parts sont de plus en plus petites sur le marché de l'intermédiation : il y aurait en effet dans de nombreuses villes trop de mandataires appartenant un même réseaux et qui, aurait ainsi des difficultés à vivre de ce métier tout simplement. Une statistique intéressante serait celle de la durée de vie d'un adhérent à un réseau...Est-elle en baisse ou en hausse?

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